Collectif critique

    Actualité de l’émancipation : acteur et sujet

    Séminaire du Collectif critique

    Musée social, Paris 7e

    18 octobre 2017

    Séminaire organisé par le Collectif critique
    Lieu : Musée social a été fondé en 1894, à Paris, 5 rue Las Cases, 7e
    Première séance : 23 novembre, 18h-21h
    Actualité de l’émancipation : acteur et sujet
    Texte d’Arendt
    Deuxième séances : 25 janvier, 18h-21h
    Emancipation : des Lumières aux féministes
    Kant/Foucault ; lecture des femmes
    Troisième séance : 15 mars 2018, 18h-21h
    Emancipation des travailleurs et pratiques de l’association
    Marx et l’importance du mouvement associatif qui donne une tension qui n’existait pas en 48 dans le Manifeste et qui pose question de l’émancipation
    Quatrième séance : 12 avril 2018, 18h-21h
    Emancipation et Utopie
    Adorno / Horkeimer Ecole de (...)

    Communiqué du Collectif critique

    4 mai 2017

    Aujourd’hui, la priorité : rejeter le néofascisme incarné par Marine Le Pen et empêcher le Front national de s’emparer de l’appareil d’État. Le programme économique et social de Macron est certes détestable, mais la question qui nous est imposée, et dont personne ne peut s’exempter, est la suivante : peut-on renvoyer dos à dos Le Pen et Macron ? Peut-on s’abstenir ou voter blanc le 7 mai ?

    La question populiste

    par des membres italiens du Collectif critique

    22 mars 2017

    Longtemps, en Europe, le terme populisme n’a pas eu sa place dans le discours public et la qualification de “populiste” a été perçue le plus souvent comme une accusation dégradante : c’est pourquoi, hormis quelques exceptions circonscrites (et qui ne viennent pas de la gauche), les acteurs de la politique ont rarement osé se définir explicitement en recourant à cette catégorie. Aujourd’hui toutefois nous assistons à un changement radical : la valeur négative demeure mais, dans le même temps, les indices explicites se multiplient d’une revendication parfaitement décomplexée (y compris à gauche) ; de la sorte, voit le jour une inflation de l’usage de ce terme, provoquant quelque confusion sur son sens mais, en même temps, favorisant sa diffusion et son succès comme possible clé interprétative.

    Pour un projet d’émancipation : retour critique

    30 janvier 2017

    La victoire de Trump aux Etats-Unis quelques mois après le Brexit manifeste avec éclat la puissance des effets boomerang dans les pays qui ont été à la pointe de la mondialisation capitaliste depuis près de quarante ans. Le national-populisme, parfois à tendance religieuse, est la tendance dominante aujourd’hui. Ici ou là, en Turquie ou en Russie, des despotismes et des dictatures se reconstituent et se renforcent. L’optimisme « libéral-démocratique » qui a succédé à la fin des sanglantes dictatures latino-américaines et à la chute du mur de Berlin n’est plus de mise. Les évolutions en cours révèlent une extrême faiblesse de la gauche. Cette faiblesse est générale. On en voit toutes (...)

    Multiculturalisme ou laïcité

    20 janvier 2017

    Aurions-nous abandonné l’idéal d’universalité ? Le multiculturalisme semble en effet s’imposer partout dans le monde. Le repli au sein d’une communauté de semblables apparaît comme la solution à la xénophobie croissante, au rejet de l’autre.

    Le Brexit. Qu’en penser ?

    7 novembre 2016

    Il est des événements dont l’importance historique est immédiatement et unanimement perçue, et à propos desquels il est vite proposé, à tort ou à raison, une explication prétendue définitive.
    Tel fut le cas pour ladite « chute du mur de Berlin ».
    Le Brexit appartient à la catégorie contraire de ces « surprises » qu’on peine à décrypter et dont on a du mal à prendre la mesure, au point de douter de sa nature « événementielle » et de tenter au final de la déclassifier dans le « non-événement ». Somme toute, le Royaume-Uni n’était précédemment qu’à demi dans l’Union européenne. La rupture évoquée ne va-t-elle pas le conduire à n’être qu’à demi en dehors ?
    Telle n’est pas l’approche adoptée ici. (...)

    Plaidoyer pour François Hollande

    et plus généralement pour l’art du pied de nez politique

    20 octobre 2016

    Les voici tous à brocarder François Hollande pour ses propos tenus à deux journalistes. A commencer par ceux qui hier encore plastronnaient, brandissant les petites phrases et grandes photos d’un Hollande déterminé à être candidat à la présidentielle de 2017, donc à accepter la primaire socialiste. Discours de Wagram, « Je suis prêt » à la une de l’Obs, clins d’œil indiquant son « envie »... Ils étaient enfin rassurés tous celles et tous ceux qui sont sûrs de l’importance pour leur propre intérêt que Hollande y aille. Y compris pour être défait. Elle est fort hétéroclite la chaîne des experts en coups tordus : Marine Le Pen veut que Sarkozy soit candidat, qui veut que Hollande soit (...)

    L’avenir du mouvement contre la loi travail à la lecture de l’histoire du « mouvement social »

    19 septembre 2016

    Quel bilan tirer du mouvement social contre la loi travail ? Et d’abord où en est-il ? Rien ne dit qu’il est fini. Il a eu et il y aura peut-être encore « quelque chose » d’inédit. Pourra-t-il inventer et rebondir sans se contenter d’espérer la répétition du « même » en plus gros ? C’est à la lumière de l’histoire du mouvement social de ces vingt dernières années, que nous pouvons tenter d’y apporter certains éléments de réponse.
    Dans un précédent texte du Collectif Critique sur la signification du mouvement contre la loi Travail, nous avions employé le terme de « perforation » du néolibéralisme. La formule renvoie à l’image d’une carapace à percer. Il donne aussi à imaginer une société (...)

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    Pour une véritable révolution démocratique, tout reste à refaire

    par Christian Laval (professeur de sociologie à l’université Paris-Ouest Nanterre-La Défense), Francis Sitel (directeur de la revue Contretemps) et Michèle Riot-Sarcey (professeure d’histoire émérite à l’université Paris 8)

    24 août 2017

    A presque 100 jours de la prise de fonction d’Emmanuel Macron, trois représentants de la gauche critique qualifie ce mandat « d’ illusion moderniste » qui cache une crise profonde de notre démocratie également incarnée par le populisme de gauche.

    L’urgence de l’histoire

    par Natacha Coquery, Olivier Le Trocquer et Michèle Riot-Sarcey pour le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH)

    2 mai 2017

    Il est temps pour nous, membres du CVUH, de prendre position à une semaine du second tour de l’élection présidentielle, dans un climat politique singulièrement inquiétant, et tout particulièrement à gauche.

    L’urgence démocratique

    Pierre Dardot et Christian Laval

    31 mars 2017

    Au cours du débat télévisé du lundi 20 mars, François Fillon est apparu bien effacé et bien terne. On avait peine à reconnaître celui qui en avait solennellement appelé au jugement du peuple contre la justice. Cet appel a-t-il marqué un tournant ? On a relevé que l’axe de l’indépendance de la justice avait disparu subitement de son programme. On s’est à bon droit inquiété de la condamnation du « racisme antifrançais » par le même individu dans un meeting à Caen le 16 mars dernier, expression dont on sait qu’elle fut forgée par Jean-Marie Le Pen en 1977. On s’est à juste titre scandalisé de la caricature antisémite de Macron publié sur Twitter le 10 mars par Les Républicains. Cependant, la seule question qui vaille est de savoir comment interpréter ce qui ne relève pas d’écarts de langage mais d’une stratégie mûrement réfléchie. Dans un entretien au Monde, Pierre Rosanvallon a parlé à propos de la déclaration de Fillon de « tournant populiste » dans la campagne présidentielle, tout d’abord pour réunir Poutine, Orban, Trump et Erdogan sous ce terme de « populisme », ensuite pour associer Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon dans une même « culture populiste » [1]. Selon Pierre Rosanvallon, ce qui serait en jeu ce serait une « conception de la démocratie » caractérisée par un refus des « pouvoirs neutres », c’est-à-dire irréductibles au pouvoir de la majorité électorale (cour constitutionnelle, autorités judiciaires, etc.). Mais quel crédit peut-on accorder à une catégorie dont le sens est aussi flexible ? Il nous semble tout d’abord indispensable de revenir de façon critique sur cette notion de « populisme ». Il en va en réalité de bien plus que d’une querelle terminologique et conceptuelle. La question est politique, et elle a deux volets qui sont liés. Il s’agit d’abord de savoir si ce terme suffit à caractériser la nature de l’extrême droite française. Il s’agit ensuite de savoir si la réponse politique de la gauche doit se définir sur ce même terrain du « populisme », comme certains seraient tentés de le faire en invoquant hâtivement l’exemple de Podemos.

    L’intervention directe

    Michèle Riot-Sarcey

    29 mars 2017

    Nous sommes nombreux à nous interroger sur la situation d’incertitude dans laquelle nous plonge la campagne électorale. Nous assistons au spectacle impuissants, silencieux et tentons vainement d’appréhender des enjeux indéchiffrables. Afin d’échapper à la justice, la droite s’enfonce dans une dérive qui frise l’inconscience. Pendant ce temps la vie réelle continue et se déroule au gré des manifestations contre les violences policières tandis qu’auprès des migrants, les associations se mobilisent et comblent, tant bien que mal, l’incurie des Etats français et européens. Et toujours les nouvelles des licenciements, ponctuées de grèves, apparaissent sur les écrans, entre deux prises de paroles des candidats et entre deux affaires.

    Pour la démocratie à venir, laissez parler les citoyens !

    Michèle Riot-Sarcey

    29 mars 2017

    Des petits collectifs de plus en plus nombreux, échangent, se lamentent, cherchent des solutions, des personnalités connues et moins connues, intellectuelles ou non, sont sollicitées afin d’apposer leur signature en bas de textes qui en appellent à la raison, à l’unité des candidats de gauche afin de rassembler le futur électorat et d’éviter la dispersion des voix. Les aspirants à la présidence de la République, semblent, en apparence, sensibles aux pressions des électeurs. Mais publiquement ils ne transmettent aucunement les propos critiques de ceux qui les interpellent. Nous le savons, « il n’est pas certain qu’un plus un fasse deux », selon les termes d’un des porte-paroles. Ces professionnels de la politique se sont auto proclamés représentants du peuple et rivalisent d’initiatives en « live », dans l’air du temps, entre blog et réseaux sociaux, images filmées, brèves interventions, régulièrement répétées avec formules choc, reproduites à l’infini. Les meetings ressemblent de plus en plus à un show télévisé. La jeunesse, toujours placée au premier rang détient une place de choix avec ses visages rayonnants, où la diversité « culturelle » est savamment dosée, cadrée dans l’image car il faut qu’elle soit vue.

    Le revenu universel contre le statut salarial

    Jean-Claude Mamet

    20 janvier 2017

    De tous les côtés de l’éventail politique, la préconisation d’un revenu universel ou revenu social garanti, est à la mode. Une multitude d’acteurs politiques s’empare de cette trouvaille -qui se discute depuis très longtemps dans un champ plus restreint et se ravive selon les moments- pour en faire le nouveau graal capable de résoudre une grande quantité de problèmes à la fois : la pauvreté qui s’accentue, la menace réputée inexorable d’une fin du travail en raison des capacités fantastiques des nouvelles technologies, menace plus massive encore que lors des crises économiques successives.
    Or ce débat est prégnant depuis très longtemps.

    Le dernier espoir

    6 octobre 2016

    Au temps du massacre du peuple syrien, face aux morts par centaines de ces derniers mois en Méditerranée, pendant le scandale du mur de Calais, à l’écoute des catastrophes répétées au Bangladesh dans les ateliers de textiles dont les grands groupes prestigieux occidentaux portent en large part de responsabilité, au présent de l’affaire Alstom, du procès de ce pitoyable Cahuzac et de l’affaire Bygmalion, cette liste infinie de drames et de scandales nous oblige à nous poser une question simple : que pouvons-nous espérer ?
    En ce temps défait, éclaté, où les mots les plus usités perdent leur sens, dans un espace fragmenté et concurrentiel où chacun ne voit plus l’autre que sous la figure d’un rival menaçant, le plus extraordinaire, le plus intolérable, c’est que nos (...)

    La nouvelle campagne de la légalité

    Manifeste des Juristes en Défense de la Constitution et de l’État de Droit au Brésil

    18 mai 2016

    La Présidente Dilma Roussef a été la cible d’attaques systématiques provenant de l’opposition politique, des grands médias et des secteurs conservateurs de la société, depuis l’annonce officielle de sa victoire au second tour des élections de 2014. Dans un premier temps, avant même que la Présidente ne soit investie de ses fonctions, l’opposition a initié une campagne destinée à répandre le doute quant à la confiance sur le dépouillement des votes et sur la régularité du système informatique électoral. Par un acte inédit depuis l’implantation du vote électronique (1996), la Tribunal Suprême Électoral a autorisé un audit à la demande du candidat vaincu, en l’absence de tout indice de fraude. Bien que cette première tentative de déstabilisation du gouvernement se soit soldée par (...)

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    Avoir mais ne pas être

    SRS – Prof des écoles dans le sud lyonnais 1er septembre 2016

    « Il ne travaille pas. Pourtant, il a tout ce qu’il veut ! Moi, j’en avais pas tant à son âge... ». Phrase mille fois entendue lors d’entretiens avec les parents de mes élèves de primaire. La mise en lien de la volonté d’apprendre et la possession d’objets est presque toujours évoquée lors de ces discussions. Dans tous les milieux sociaux. Il semblerait que le bonheur de posséder devrait suffire aux enfants pour leur donner envie d’apprendre et donc de grandir.
    Dès que l’enfant est en âge de toucher (...)

    Toujours à Montpellier, toujours sous état d’urgence éternel, 2016

    Jack Alanda 12 avril 2016

    « Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent. »
    (Robert Desnos, Demain)
    On ne va pas se mentir, on aime l’atmosphère qui règne cette nuit sur la place de la Comédie, d’ordinaire si insupportablement gentrifiée. Une ambiance assez éloignée de celle des grands soirs, mais d’une beauté inattendue.
    Heureux écosystème que cette foule diverse, à l’acné ravageur ou aux cheveux blancs ! Chacun semble ici trouver sa place, et l’on se situe bien au-delà du noyau (...)